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Le Bialbero de Casorzo, l’arbre italien qui pousse sur un autre arbre

En Italie, entre les villages de Casorzo et Grana, dans le Piémont, se trouve une curiosité botanique qui semble avoir été dessinée par quelqu’un ayant confondu “arbre généalogique” et “arbre empilé” : le Bialbero de Casorzo.

Aussi appelé Bialbero di Casorzo en italien, ce double arbre est composé d’un cerisier poussant au sommet d’un mûrier. Le résultat est aussi simple à comprendre qu’étrange à regarder : un arbre entier en porte un autre, comme si la nature avait tenté une construction à étage sans demander de permis.

Bialbero de Casorzo, arbre qui pousse sur un autre arbre en Italie
Crédit photo alfio cioffi (CC BY-SA 2.0).

À retenir

Le Bialbero de Casorzo se trouve dans le Monferrato, au Piémont, entre Casorzo et Grana Monferrato, dans la province d’Asti.
Il est formé par un cerisier qui pousse au-dessus d’un mûrier.
L’hypothèse la plus souvent avancée est qu’un oiseau aurait déposé un noyau de cerise dans une cavité ou une fourche du mûrier.
Le phénomène d’une plante poussant sur une autre n’est pas exceptionnel en soi, mais il est rare de voir deux arbres de cette taille cohabiter aussi longtemps.
Le cerisier semble avoir réussi à envoyer ses racines à travers le tronc creux du mûrier jusqu’au sol, ce qui expliquerait sa vigueur.

Un cerisier installé au sommet d’un mûrier

Le Bialbero de Casorzo est parfois surnommé le “double arbre de Casorzo”, ou Double Tree of Casorzo. Sa structure est très lisible : en bas, un mûrier ; au-dessus, un cerisier qui s’est développé comme s’il avait trouvé là un très bon balcon avec vue sur les collines du Monferrato.

Ce type de situation peut commencer de manière très simple. Un oiseau mange un fruit, transporte un noyau, puis le laisse tomber dans une cavité, une fourche ou un creux humide. Si les conditions sont favorables, la graine germe. La plupart du temps, la petite plante ne va pas très loin : elle manque d’eau, de nutriments ou d’espace.

Ici, le cas est remarquable parce que le cerisier n’est pas resté à l’état de petite pousse décorative. Il est devenu un véritable arbre, visible au-dessus du mûrier, avec son feuillage, ses branches et sa floraison. Le mûrier, de son côté, continue lui aussi à vivre. On a donc moins un “arbre parasite” qu’une cohabitation végétale improbable, un peu comme une colocation botanique où l’un des colocataires habite littéralement sur le toit de l’autre.

Il Bialbero di Casorzo (AT)

Épiphyte, parasite ou simple opportuniste ?

On présente souvent le Bialbero comme un cas d’épiphyte. Le mot désigne une plante qui pousse sur une autre plante, sans forcément la parasiter. Dans les forêts tropicales, de nombreuses orchidées, fougères ou broméliacées vivent ainsi accrochées aux branches d’arbres, en utilisant leur support sans y puiser directement leur nourriture.

Dans le cas du Bialbero de Casorzo, la situation est un peu différente. Le cerisier aurait vraisemblablement développé ses racines à travers le tronc creux du mûrier pour atteindre le sol. S’il prend effectivement son eau et ses nutriments dans la terre, il n’est pas seulement suspendu à son hôte : il utilise le mûrier comme point de départ, puis s’alimente plus bas.

C’est ce qui rend le phénomène plus durable. Une simple graine coincée dans une écorce donne parfois une petite pousse éphémère. Un arbre capable d’aller chercher la terre par l’intérieur d’un autre arbre, c’est déjà une autre catégorie de ténacité.

Quand les arbres vivent aux dépens d’autres arbres

Le Bialbero de Casorzo n’est donc pas un parasite strict au sens classique. Le cerisier ne semble pas se nourrir directement de la sève du mûrier comme le ferait une plante parasite spécialisée. Mais il rappelle que les relations entre végétaux peuvent être bien plus étranges qu’un simple “un arbre, un tronc, des racines, merci bonsoir”.

Dans un autre registre, le séquoia albinos montre une dépendance beaucoup plus forte : privé de chlorophylle, il ne peut pas produire correctement sa propre énergie par photosynthèse et dépend d’autres séquoias connectés à lui par les racines. Là, on se rapproche davantage d’un végétal assisté par son entourage.

Les arbres peuvent aussi produire des formes anormales sous l’effet de parasites, de champignons, de virus, de bactéries ou de mutations. C’est le cas du balai de sorcière, cette étrange boule de branches dans les arbres, qui transforme parfois une partie de la ramure en touffe dense et désordonnée. Le Bialbero, lui, est beaucoup plus élégant : il a choisi la version “duplex rural italien”.

Bialbero

Pourquoi ce double arbre est-il si rare ?

Des graines qui germent dans des troncs, des murs ou des toits, cela arrive régulièrement. Les oiseaux, le vent et les petits mammifères sont de très bons jardiniers involontaires, même s’ils travaillent sans facture ni plan de plantation.

Mais pour obtenir un arbre adulte poussant sur un autre arbre, plusieurs conditions doivent s’aligner. Il faut un support assez stable, une cavité ou un passage permettant aux racines de descendre, de l’humidité, assez de lumière, et surtout du temps. Beaucoup de jeunes plantes meurent avant d’avoir atteint une taille visible.

À Casorzo, le cerisier a trouvé un passage. Le mûrier, probablement creux en partie, a laissé descendre ses racines. Ce détail change tout : le cerisier n’est pas condamné à vivre seulement de débris organiques accumulés dans une fourche. Il peut atteindre le sol et se comporter presque comme un arbre normal, avec simplement une adresse de départ beaucoup plus originale.

Un arbre double dans les collines du Monferrato

Le Bialbero se trouve dans un paysage de collines, de vignes et de petites routes rurales du Monferrato. Ce n’est pas un monument urbain avec grande esplanade, boutique et panneau lumineux. C’est plutôt une curiosité naturelle posée dans la campagne, à proximité d’une zone aménagée.

Le site Casorzo DOC indique que le Bialbero se situe dans la vallée entre Casorzo et Grana, dans l’aire “Adriano Fracchia”, à quelques pas du 45e parallèle. La meilleure période pour le voir est souvent le printemps, lorsque le cerisier fleurit et que la différence entre les deux arbres devient plus évidente.

Bialbero

Le Bialbero rejoint naturellement la grande famille des arbres insolites, non pas par sa taille record, mais par sa construction improbable. Certains arbres impressionnent par leur âge, d’autres par leur forme ; celui-ci se contente de porter un voisin sur la tête.

Un mûrier décidément facétieux

Le mûrier du Bialbero de Casorzo n’est pas le seul représentant de son espèce à donner l’impression que les arbres ont parfois le sens du spectacle. Dans le village de Dinosa, au Monténégro, un vieux mûrier peut se transformer en arbre-fontaine après la pluie, lorsque l’eau sous pression ressort par une cavité du tronc.

À Casorzo, le mûrier ne crache pas d’eau, mais il sert de support à un cerisier. Dans les deux cas, l’arbre creux devient autre chose qu’un simple tronc : une conduite, un abri, un support, presque un accessoire de scène.

Ces phénomènes rappellent aussi que les vieux arbres sont rarement de simples objets figés. Leurs cavités abritent des insectes, des oiseaux, des champignons, parfois des graines, et toute une petite histoire biologique qui se joue loin des regards. Le Bialbero en est une version particulièrement visible.

bialbero

Un arbre italien aussi étrange que celui de Baiae

L’Italie possède plusieurs curiosités végétales qui donnent l’impression que les arbres y prennent quelques libertés avec le manuel. À Baiae, près de Naples, un figuier pousse à l’envers dans une ancienne voûte romaine, les racines au plafond et le feuillage vers le bas.

Le Bialbero de Casorzo fonctionne à l’inverse : il ne pousse pas tête en bas, mais sur un autre arbre. Dans les deux cas, le végétal a trouvé une solution improbable pour continuer sa croissance. La botanique, parfois, ressemble à un concours de contorsion très lent.

Ces arbres ont aussi un point commun important : ils sont devenus des curiosités locales. On ne vient pas seulement voir “un arbre”, mais un cas particulier de survie, d’adaptation ou d’installation improbable dans un espace qui ne semblait pas prévu pour cela.

Aller voir le Bialbero de Casorzo

Le Bialbero se trouve près de Casorzo, dans la province d’Asti, au Piémont. Son adresse indicative :SP38, 4, 14032 Casorzo AT, Italie

Ses coordonnées GPS sont : 45°00′17.6″N, 8°19′22.9″E (45.0048877, 8.3230394). Voici la position sur Google Maps:

Ces coordonnées correspondent au repère utilisé pour situer l’arbre. Le site se trouve dans un environnement rural ; il est préférable de respecter les chemins, les zones aménagées et les cultures environnantes. Un arbre sur un arbre, c’est rare ; un visiteur dans un champ sans autorisation, c’est beaucoup plus banal et moins apprécié.

Vidéo du Bialbero de Casorzo

Voici une vidéo de cette curiosité botanique du Piémont, avec le cerisier installé au-dessus du mûrier :

Sources pour aller plus loin

Casorzo DOC — Bialbero, présentation locale du cerisier né sur un mûrier
Gran Monferrato — Il Bialbero a Casorzo, description du double arbre et hypothèse de formation
Atlas Obscura — Bialbero di Casorzo / Grana Double Tree
Amusing Planet — The Double Tree of Casorzo
Komoot — Bialbero di Casorzo, repère de randonnée et de visite dans le Monferrato

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3 commentaires sur “Le Bialbero de Casorzo, l’arbre italien qui pousse sur un autre arbre”

  1. Retour de ping : Quand un vieil arbre se transforme en fontaine après la pluie [video] - 2Tout2Rien

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