Au milieu des étendues glacées de l’Antarctique se dresse une montagne dont la silhouette rappelle étrangement une pyramide égyptienne. Situé dans les monts Ellsworth, ce sommet rocheux aux versants triangulaires semble presque trop géométrique pour être naturel.
Les images satellite de cette pyramide de l’Antarctique sont devenues virales en 2016, alimentant des théories sur une civilisation disparue, une construction vieille de 10 000 ans et même une intervention extraterrestre. Pourtant, les géologues expliquent cette forme spectaculaire par des processus naturels d’érosion, notamment glaciaire.
Illustration générée représentant une montagne pyramidale enneigée dans les monts Ellsworth, avec un cadre de dimensions indicatives. Reconstitution artistique, non issue d’un relevé topographique ou d’une photographie satellite authentique.
À retenir
- La pyramide de l’Antarctique est une véritable montagne naturelle des monts Ellsworth, dans la partie occidentale du continent.
- Elle se trouve dans le secteur du Heritage Range, à environ 79°58′39″ de latitude sud et 81°57′32″ de longitude ouest.
- Le sommet, sans nom officiel reconnu dans les sources consultées, possède plusieurs versants qui lui donnent une apparence pyramidale.
- Sa forme s’explique par des mécanismes naturels d’érosion rocheuse et glaciaire, et non par une construction humaine.
- Des images diffusées sur Internet depuis 2016 ont alimenté des théories infondées sur une ancienne civilisation et des extraterrestres.
- La montagne est parfois surnommée « pyramide du pôle Sud », bien qu’elle se trouve à plus de 1 000 kilomètres du pôle Sud géographique.
Où se trouve la pyramide des monts Ellsworth en Antarctique ?
La montagne pyramidale se trouve dans le Heritage Range, au sud des monts Ellsworth, une grande chaîne montagneuse de l’Antarctique occidental.
Les monts Ellsworth s’étendent sur plus de 350 kilomètres et comprennent notamment le massif Vinson, où se trouve le point culminant de l’Antarctique, à 4 892 mètres d’altitude.
Cette région a été repérée depuis les airs le 23 novembre 1935 par l’explorateur américain Lincoln Ellsworth, à qui la chaîne doit son nom.
La pyramide qui nous intéresse n’est donc pas une montagne découverte récemment. Ce sont surtout les images satellite et leur circulation sur Internet qui ont attiré l’attention du grand public à partir de 2016.
Localisation du Heritage Range dans l’Antarctique occidental. Carte réalisée à partir d’une carte du relief antarctique, adaptée par Apcbg, d’après Alexrk2 (CC BY-SA 3.0).
Les coordonnées GPS de la pyramide de l’Antarctique
Le sommet est généralement localisé aux coordonnées suivantes :
79°58′39.25″ S, 81°57′32.21″ O
En coordonnées décimales :
-79.97757, -81.95895
Ces coordonnées permettent de retrouver directement la montagne sur Google Maps ou sur Google Earth.
À cette latitude, la montagne se trouve au cœur d’un paysage particulièrement hostile, constitué de vastes étendues de glace, de glaciers et de reliefs rocheux isolés.
Elle n’est pas située au pôle Sud géographique, malgré son surnom de « pyramide du pôle Sud ».
Vue satellite permettant de localiser la montagne pyramidale au milieu des glaciers des monts Ellsworth. Image Google Earth reproduite dans un article d’IFLScience publié en 2016. Source : Google Earth, fournisseurs de données satellite non identifiés dans la reproduction.
Il est toutefois difficile d’aller vérifier directement la nature de cette montagne en forme de pyramide noire recouverte de neige. L’Antarctique est un continent particulièrement inhospitalier, qui abrite notamment l’endroit le plus froid du monde.
Heureusement, les images satellites et les connaissances géologiques permettent de comprendre comment un tel relief peut se former, sans avoir besoin d’organiser une expédition au bout du monde.
Pourquoi cette montagne de l’Antarctique ressemble-t-elle à une pyramide ?
Ce qui surprend dans cette montagne est la régularité apparente de sa silhouette.
Vue depuis certaines perspectives, elle présente des versants triangulaires et des arêtes relativement nettes qui rappellent les faces d’une pyramide construite par l’homme.
Sur une image satellite abondamment diffusée, un carré jaune de deux kilomètres de côté a même été tracé autour du relief pour souligner sa géométrie.
Cette représentation a contribué à populariser l’idée d’une base parfaitement carrée. Il faut néanmoins rappeler qu’il s’agit d’une annotation visuelle : elle ne démontre pas que la montagne possède quatre côtés rigoureusement identiques ou qu’elle a été mesurée comme une construction géométrique.
Vue satellite annotée de la montagne pyramidale des monts Ellsworth. Le carré jaune de deux kilomètres de côté est une représentation graphique et non la preuve d’une base parfaitement carrée. Image Google Earth diffusée par IFLScience. Source : Google Earth, fournisseurs de données satellite non identifiés dans la reproduction.
Comment les glaciers sculptent-ils des sommets pyramidaux ?
Une montagne n’a pas besoin d’être taillée par des hommes pour présenter des faces triangulaires.
Dans les régions montagneuses englacées, plusieurs mécanismes peuvent progressivement transformer des masses rocheuses irrégulières en sommets particulièrement anguleux.
Les glaciers creusent des vallées et des cirques sur les flancs des montagnes. Lorsque plusieurs de ces zones d’érosion se développent autour d’un même sommet, elles peuvent affiner les arêtes qui les séparent et laisser subsister un pic rocheux abrupt.
Les géomorphologues parlent alors de pic pyramidal, ou de horn, pour désigner certains sommets résultant de cette érosion.
La fracturation des roches, l’action du gel et les chutes de blocs peuvent également contribuer à modeler les versants.
Lorsque plusieurs faces sont ainsi dégagées, la montagne peut présenter une régularité étonnante, même si ses dimensions réelles ne correspondent pas à celles d’une pyramide géométriquement parfaite.
Le phénomène est bien connu dans les Alpes, notamment au Cervin, dont les arêtes rocheuses ont été façonnées par l’érosion glaciaire.
Qu’est-ce qu’un nunatak ?
Dans les régions polaires, certains sommets rocheux émergent directement de la glace environnante. On les appelle des nunataks, un terme issu des langues inuit.
Un nunatak n’est pas nécessairement pyramidal : il peut prendre des formes très différentes.
Il s’agit simplement d’une masse rocheuse qui dépasse d’une calotte ou d’un champ de glace, tandis que les terrains environnants restent ensevelis.
La montagne des monts Ellsworth appartient à ce type de paysage. Ses parties rocheuses émergent d’une vaste surface enneigée, ce qui renforce l’impression d’une structure isolée, presque posée sur un socle blanc.
D’autres reliefs antarctiques sont entièrement dissimulés sous la glace. Pour mieux comprendre ce qui se cache sous cette surface apparemment uniforme, il suffit de regarder la carte Bedmap3 du relief de l’Antarctique sous sa calotte glaciaire.
Carte topographique du sud du Heritage Range, dans les monts Ellsworth, réalisée en 1966 par l’United States Geological Survey. Elle documente le relief régional et ne constitue pas une mesure de la pyramide elle-même. Source : USGS via Wikimedia Commons (domaine public aux États-Unis).
Une pyramide construite en Antarctique : vrai ou faux ?
L’apparence géométrique de cette montagne a rapidement donné naissance à des explications beaucoup moins géologiques.
Dès 2016, des publications sur Internet ont présenté les images satellite comme une preuve de l’existence d’une pyramide artificielle en Antarctique.
Certaines histoires évoquaient une civilisation disparue qui aurait construit cette structure il y a environ 10 000 ans, à une époque où le continent aurait été beaucoup plus chaud.
D’autres suggéraient l’intervention d’extraterrestres ou l’existence de ruines dissimulées sous les glaces.
Aucune preuve archéologique crédible ne permet d’attribuer une origine humaine à cette montagne.
L’argument d’un Antarctique tempéré il y a seulement 10 000 ans est également trompeur. Le continent possède une longue histoire climatique, mais il était déjà largement englacé bien avant cette période.
La présence d’un sommet rocheux aux contours réguliers ne constitue donc pas une anomalie géologique.
En 2016, le géologue Mitch Darcy expliquait à IFLScience que les monts Ellsworth, longs de plusieurs centaines de kilomètres, comprennent naturellement des sommets rocheux émergents. Il n’y voyait aucune raison de suspecter une construction artificielle.
Le géologue Eric Rignot, interrogé par Live Science, a également souligné que les formes pyramidales n’avaient rien d’impossible dans la nature, même si les sommets présentant plusieurs faces apparemment régulières sont moins courants.
Les rumeurs sur Buzz Aldrin et les pyramides antarctiques
Les théories sur les pyramides de l’Antarctique ont parfois été associées à l’astronaute Buzz Aldrin, l’un des premiers hommes à avoir marché sur la Lune.
Des publications virales lui ont attribué des déclarations alarmantes sur ce qu’il aurait découvert pendant un voyage en Antarctique.
Mais les messages spectaculaires circulant dans ces récits ne constituent pas des témoignages authentifiés de l’astronaute ni des preuves de l’existence de constructions anciennes.
L’association entre Buzz Aldrin, les pyramides et une prétendue civilisation cachée relève de cette même accumulation de rumeurs.
Plus récemment, d’autres images prétendant montrer des ruines ou des pyramides antarctiques ont également circulé, parfois obtenues ou retouchées à l’aide de l’intelligence artificielle.
Vidéo : les théories autour de la pyramide de l’Antarctique
Le sujet a même été repris par la chaîne américaine History, notamment dans des contenus consacrés aux mystères et aux hypothèses extraterrestres.
Voici l’une de ces vidéos, qui illustre la manière dont une formation géologique naturelle peut être transformée en énigme spectaculaire.
Il convient de la regarder avec le recul nécessaire : les hypothèses de construction humaine ou extraterrestre qu’elle peut évoquer ne sont pas étayées par les connaissances scientifiques disponibles.
D’autres montagnes en forme de pyramide dans le monde
La montagne des monts Ellsworth est loin d’être le seul relief naturel évoquant une construction géométrique.
Dans les Alpes, le Cervin est connu pour ses imposantes faces rocheuses et ses arêtes qui convergent vers un sommet particulièrement reconnaissable.
En Islande, Kirkjufell présente également une silhouette pyramidale sculptée par l’érosion glaciaire. Sa forme est devenue l’un des paysages les plus photographiés de la péninsule de Snæfellsnes.
En Argentine, le Cono de Arita se dresse comme une pyramide sombre au milieu du Salar de Arizaro, un immense désert de sel situé dans la province de Salta.
Ce dernier relief est d’origine géologique très différente : il s’agit d’une butte résiduelle constituée de roches volcaniques anciennes et progressivement dégagée par l’érosion.
Ces exemples montrent qu’il existe plusieurs manières de produire des formes presque géométriques dans la nature.
La différence avec une construction humaine est parfois trompeuse sur une photographie. Sur le terrain, l’organisation des roches, des versants et des couches géologiques permet généralement de comprendre l’origine réelle du relief.
Une pyramide antarctique parfaitement naturelle
La montagne pyramidale des monts Ellsworth n’a finalement pas besoin d’une civilisation mystérieuse ou d’une intervention extraterrestre pour expliquer sa silhouette.
Des processus géologiques capables de sculpter des arêtes et des versants abrupts suffisent à rendre compte de son apparence générale, sans qu’il soit nécessaire d’imaginer des bâtisseurs disparus.
La perspective satellite, les ombres portées sur la neige et le contraste entre la roche sombre et les glaciers accentuent encore cette ressemblance avec une pyramide monumentale.
Il reste une curiosité spectaculaire : au milieu d’un continent presque entièrement blanc, la nature a façonné un sommet qui ressemble à une construction soigneusement dessinée.
Et pour une fois, l’explication est beaucoup plus simple que les théories qui circulent à son sujet.
Sources pour aller plus loin
- Live Science — New Pyramid in Antarctica? Not Quite, Say Geologists
- IFLScience — The Truth About The Mysterious Pyramid Discovered In Antarctica
- France 24 — Vérification des intox sur les pyramides de l’Antarctique
- Wikimedia Commons — Carte libre du Heritage Range
- USGS / Wikimedia Commons — Carte topographique du sud du Heritage Range






C’est quand même étrange. Moi, je trouve cela bizarre. Et ce complotiste de Buzz Aldrin qui a eu le vertige et des propos insensés en revenant de là bas. Il y aurait vu le mal, absolu qu’il a dit le pauvre vieux… Peuchère.que c’est triste de vieillir pour un comédien quand même…