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Chenille tigre : la chenille du papillon du céleri, le machaon noir

La chenille tigre que l’on découvre parfois en train de dévorer du persil, de l’aneth ou du céleri peut appartenir à Papilio polyxenes, un grand papillon américain appelé en français papillon du céleri et connu en anglais sous le nom de Black Swallowtail.

À maturité, sa chenille est particulièrement reconnaissable : corps vert à jaune-vert, larges bandes noires et rangées de petites taches jaune-orange. Et lorsqu’un prédateur insiste un peu trop, elle dispose d’une surprise : deux appendices orange surgissent derrière sa tête comme une langue de serpent fourchue et libèrent une odeur franchement peu engageante.

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Chenille tigre du papillon du céleri Papilio polyxenes. Crédit photo Judy Gallagher (CC BY 2.0).

À retenir

  • Cette « chenille tigre » est la larve de Papilio polyxenes, le papillon du céleri ou Black Swallowtail.
  • La chenille mature est verte à jaune-vert, avec des bandes noires ponctuées de jaune ou d’orange.
  • Elle peut atteindre environ 4 à 5 cm de longueur.
  • Elle mange surtout des plantes de la famille des Apiacées : persil, céleri, aneth, fenouil, carotte et plusieurs espèces sauvages.
  • Lorsqu’elle est dérangée, elle déploie un osmeterium orange qui libère une odeur répulsive.
  • Cette défense spectaculaire est inoffensive pour l’humain.
  • Papilio polyxenes est une espèce américaine : une chenille très semblable trouvée en France peut notamment être celle du Machaon européen, Papilio machaon.

Comment reconnaître la chenille tigre du papillon du céleri ?

La chenille adulte de Papilio polyxenes est relativement facile à reconnaître lorsqu’elle a atteint ses derniers stades larvaires.

Son corps mesure jusqu’à environ 4 à 5 cm et présente une couleur de fond verte ou jaune-vert. Chaque segment est traversé par une large bande noire portant de petites taches jaunes ou orange.

Cette succession de bandes lui donne l’aspect « tigré » qui explique les recherches sous les noms de chenille tigre, chenille tigrée ou chenille verte noire et orange.

Mais son apparence change considérablement au cours de sa croissance.

La jeune chenille ne ressemble presque pas à l’adulte

À l’éclosion, la chenille est principalement noire, hérissée de petites épines et marquée d’une large zone blanchâtre au milieu du corps.

Cette apparence rappelle une fiente d’oiseau, un camouflage assez classique chez certaines larves de papillons.

Au fil des mues, des zones orange ou rougeâtres apparaissent puis, entre le troisième et le quatrième stade larvaire, la chenille abandonne progressivement son costume sombre pour prendre sa robe verte rayée.

Jeune chenille noire de Papilio polyxenes au premier stade larvaire


Une toute jeune chenille de Papilio polyxenes, très différente de la chenille mature verte et rayée. Crédit photo WanderingMogwai (CC BY-SA 4.0).

Ce changement radical d’apparence n’est pas propre à l’espèce. La chenille du papillon glauque, un autre grand Papilio américain, commence elle aussi sa vie en imitant une déjection d’oiseau avant de devenir verte et beaucoup plus spectaculaire.

Pourquoi l’appelle-t-on papillon du céleri ?

Parce que le céleri fait effectivement partie du menu de sa chenille, mais le nom est assez réducteur.

Les larves de Papilio polyxenes consomment principalement des plantes appartenant à la famille des Apiacées, anciennement appelées Ombellifères.

Dans les jardins, on peut notamment les trouver sur :

  • le persil ;
  • le céleri ;
  • l’aneth ;
  • le fenouil ;
  • la carotte ;
  • le carvi.

Dans la nature, elles utilisent également différentes Apiacées sauvages comme la carotte sauvage.

Le surnom anglais parsleyworm, que l’on pourrait traduire par « ver du persil », est d’ailleurs tout aussi pertinent que « papillon du céleri ».

Les femelles pondent leurs petits œufs sphériques jaune pâle directement sur les plantes que mangeront les futures chenilles.

Œufs de Papilio polyxenes pondus sur du persil
Des œufs de papillon du céleri déposés sur du persil. Crédit photo CSafris (domaine public). Alt : Œufs de Papilio polyxenes pondus sur du persil.

Ils éclosent généralement après 3 à 9 jours. La jeune chenille commence même par manger la coquille de son propre œuf avant de s’attaquer aux feuilles.

Deux cornes orange apparaissent lorsqu’on dérange la chenille

C’est probablement sa caractéristique la plus étonnante.

Lorsqu’elle se sent menacée, la chenille redresse l’avant de son corps et fait brusquement sortir derrière sa tête une structure orange en forme de Y.

Ces deux « cornes » ne sont pas vraiment des cornes.

Il s’agit d’un osmeterium, un organe rétractile caractéristique des chenilles de Papilionidés.

Au repos, il reste complètement caché à l’intérieur du corps. En cas de danger, il se retourne vers l’extérieur en quelques instants et prend l’apparence d’une petite langue fourchue jaune-orange.

Osmeterium orange déployé par une chenille de Papilio polyxenes


L’osmeterium orange d’une chenille de Papilio polyxenes dérangée sur un plant d’aneth. Crédit photo Styler (CC BY-SA 3.0).

Une langue de serpent qui sent mauvais

L’aspect de l’osmeterium peut déjà surprendre un prédateur, mais la chenille lui ajoute un deuxième argument.

Une fois déployé, cet organe libère des substances volatiles à l’odeur désagréable qui participent à repousser oiseaux, petits mammifères ou arthropodes prédateurs.

L’effet est donc à la fois visuel et chimique.

D’autres chenilles ont opté pour des stratégies complètement différentes. La chenille du baron commun disparaît presque sur les nervures d’une feuille, tandis que les chenilles à tête de dragon misent sur une silhouette beaucoup plus intimidante.

La chenille du papillon du céleri, elle, a choisi le petit extincteur olfactif escamotable.

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Chenille tigre du papillon du céleri Papilio polyxenes sur une feuille de Zizia. Crédit photo Judy Gallagher (CC BY 2.0).

La chenille du machaon noir est-elle dangereuse ?

Malgré son dispositif défensif assez théâtral, la chenille de Papilio polyxenes n’est pas dangereuse pour l’être humain.

Son osmeterium peut produire une mauvaise odeur, mais il est considéré comme inoffensif pour nous.

Elle ne possède pas les poils urticants ou les épines venimeuses de certaines autres chenilles.

C’est une distinction utile, car des recherches comme « chenille machaon dangereuse » ou « chenille verte dangereuse » sont fréquentes lorsque quelqu’un découvre ce drôle d’animal sur une plante aromatique.

Toutes les chenilles spectaculaires ne sont cependant pas aussi aimables : Lonomia obliqua possède au contraire des épines capables d’injecter un venin potentiellement mortel.

Pas vraiment le même niveau de diplomatie.

Que faire si ces chenilles mangent le persil ou l’aneth du jardin ?

Quelques chenilles peuvent consommer une quantité impressionnante de feuillage, en particulier sur de petits plants d’aneth ou de persil.

Mais dans la plupart des cas, les dégâts restent limités et les plantes survivent.

Si l’objectif est également d’accueillir des papillons dans le jardin, le plus simple consiste donc souvent à accepter de sacrifier quelques feuilles, voire à cultiver plusieurs plants d’Apiacées à leur intention.

L’emploi d’insecticides est particulièrement contre-productif si l’on souhaite conserver les chenilles et les futurs papillons.

Une poignée de persil grignotée constitue finalement un tarif assez raisonnable pour obtenir quelques semaines plus tard un grand papillon noir et bleu dans le jardin.

Chenille tigre du papillon du céleri Papilio polyxenes sur du persil
Une chenille mature de Papilio polyxenes sur du persil. Crédit photo PhytoplanktonSandwich (CC0 1.0).

Comment la chenille devient-elle papillon ?

La croissance larvaire dure généralement une dizaine de jours à environ un mois, selon notamment la température et la plante consommée.

Lorsqu’elle a terminé sa croissance, la chenille quitte sa plante nourricière et recherche un support : tige, branche, tronc, mur ou autre surface verticale.

Elle se fixe par son extrémité arrière et fabrique une fine ceinture de soie autour du thorax qui la maintient dressée.

Après sa dernière mue apparaît une chrysalide anguleuse, verte ou brunâtre.

Chrysalide de Papilio polyxenes, le papillon du céleri
Une chrysalide de Papilio polyxenes. Crédit photo Megan McCarty (domaine public).

Pour les premières générations de l’année, ce stade peut durer environ deux à trois semaines.

Les chrysalides formées plus tard peuvent en revanche entrer en diapause et passer l’hiver sous cette forme avant que le papillon n’apparaisse au printemps suivant.

À quoi ressemble le papillon du céleri adulte ?

La transformation est plutôt réussie.

Le papillon adulte possède de grandes ailes noires bordées de rangées de taches jaunes et terminées par les petites « queues » caractéristiques de nombreux Papilionidés.

Son envergure se situe généralement autour de 8 à 11 cm.

Les sexes présentent quelques différences.

Chez le mâle, les marques jaunes sont généralement plus larges et plus visibles. Chez la femelle, les zones bleu irisé des ailes postérieures sont souvent davantage développées.

On observe également près du bord de chaque aile postérieure une tache rouge-orange cerclée de noir.

Papillon du céleri Papilio polyxenes mâle aux ailes noires jaunes et bleues


Un mâle de Papilio polyxenes. Crédit photo PhytoplanktonSandwich (CC BY-SA 3.0).

Où vit Papilio polyxenes ?

Le papillon du céleri est avant tout une espèce américaine.

Son aire de répartition s’étend du sud du Canada jusqu’au nord de l’Amérique du Sud, avec une présence particulièrement importante en Amérique du Nord à l’est des montagnes Rocheuses.

Les adultes fréquentent notamment les prairies, les champs, les parcs, les zones humides et les jardins ensoleillés.

Peut-on trouver cette chenille en France ?

C’est ici qu’il faut se méfier des identifications faites uniquement à partir d’une photographie.

Papilio polyxenes est une espèce américaine et ce n’est pas le machaon que l’on rencontre normalement en France métropolitaine.

La France abrite en revanche Papilio machaon, le Machaon ou Grand Porte-Queue, dont la chenille mature possède elle aussi un corps vert parcouru de bandes noires ponctuées d’orange.

Les deux chenilles peuvent donc être facilement confondues.

Une chenille verte, noire et orange trouvée sur du fenouil ou de la carotte en France a ainsi de fortes chances d’appartenir au Machaon européen plutôt qu’au papillon du céleri américain.

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Crédit photo DrPhotoMoto (CC BY-ND 2.0).

Le papillon du céleri et sa chenille en vidéo

Le déploiement de l’osmeterium et les mouvements de la chenille sont plus parlants en vidéo qu’en photographie.

Cette présentation du Peggy Notebaert Nature Museum de Chicago permet notamment d’observer la chenille de Papilio polyxenes en mouvement :

Pour rester dans les larves qui changent complètement de personnage en grandissant, la chenille à épines du papillon malachite offre un autre exemple où l’adulte et la chenille semblent presque appartenir à deux mondes différents.

chenille tigre papillon celeri papilio polyxenes 2
Crédit photo David Hill (CC BY 2.0).

FAQ sur la chenille du papillon du céleri

Quel papillon devient la chenille tigre verte, noire et orange ?

En Amérique du Nord, une chenille verte rayée de noir avec des points jaune-orange trouvée sur du persil, du céleri, du fenouil ou de l’aneth peut être celle de Papilio polyxenes, le papillon du céleri ou Black Swallowtail.

En France, une chenille très similaire peut plutôt être celle de Papilio machaon.

La chenille du céleri est-elle dangereuse ou urticante ?

Non. La chenille de Papilio polyxenes n’est pas considérée comme dangereuse pour l’humain. Son osmeterium orange produit une odeur désagréable destinée aux prédateurs, mais cet organe est inoffensif pour nous.

Pourquoi la chenille du machaon sort-elle deux cornes orange ?

Ces « cornes » constituent l’osmeterium, un organe rétractile de défense présent chez les chenilles de Papilionidés. Il apparaît lorsqu’elles sont menacées et libère des substances odorantes répulsives.

Faut-il supprimer les chenilles trouvées sur le persil ?

Pas nécessairement. Quelques chenilles provoquent généralement des dégâts limités. Si l’on souhaite accueillir les papillons, on peut conserver quelques plants de persil, d’aneth ou de fenouil à leur disposition et éviter les insecticides.

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Crédit photo krossbow (CC BY 2.0).

Sources pour aller plus loin

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